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Edifice

La synagogue actuelle fut érigée en 1891, sur les plans de l'architecte Théophile-Albert Hannotin. Elle est une des rares synagogues françaises à avoir conservé son mobilier d'origine.

En 1845, la communauté israélite avait installé un lieu de prière dans une maison au 5, rue des prisons, c'est-à-dire dans les environs de l'actuel Palais de Justice. [VdN 27/08/2019]

Historique

L'orgue par lequel le scandale arriva : 1845

En 1845, les archives israélites de France rapportent les propos d'un certain D. Alexandre, de la communauté israélite de Lille, qui "reproche à la commission d'avoir fait exécuter des travaux dans la synagogue, établir une orgue, renvoyer le ministre officiant : ainsi 2000 francs dépensés aussi inutilement". De plus, dans sa lettre, M. Alexandre se plaint que l'orgue de la synagogue est touché par un israélite le samedi. Pour mémoire, la règle généralement admise est que seul les non-juifs peuvent toucher l'orgue les samedis, ce qui explique pourquoi l'on trouva parfois d'illustres goyim prester leurs services : un exemple notoire est celui de Jehan Alain, aux claviers de la synagogue de rue N.D. de Nazareth à Paris à partir de 1936 ; il a même composé de la musique à cet effet. Plus généralement, il semble que l'orgue ait été plus facilement toléré lors d'autres cérémonies, telles que les mariages, n'ayant pas lieu le samedi.

Le même ouvrage publie une lettre de Marchand-Ennery, Grand Rabbin de la circonscription de Paris à la communauté de Lille, alors présidée par M. Sriber. Cette lettre du 23/7/1845 stipule :

Monsieur le commissaire surveillant du temple israélite de Lille,

J'apprends par le dernier numéro des Archives Israélites que vous avez introduit l'orgue dans le temple israélite de Lille. Ce fait a lieu de m'étonner, et c'est à regret que je me vois obligé de vous dire que vous avez outrepassé vos pouvoirs, en vous permettant de faire une innovation que je n'ai point autorisée. J'aime à croire, monsieur, que cette observation suffira pour vous rappeler à votre devoir,et vous faire comprendre qu'aucune modification ne saurait être admise dans le culte, si elle n'a prélalablement obtenu l'assentiment de l'autorité compétente".

A l'époque en effet, la communauté de Lille dépendait administrativement de la circonscription de la Seine.

Le reste de l'ouvrage montre que la question de l'orgue dans les synagogues était, en 1845, très controversée, mais plusieurs exemples de leur introduction y figurent (Paris, Nancy, Colmar, Lyon, Strasbourg, Marseille). Une évolution était donc en cours.

Sources

Archives israélites de France, 1845, tome 6 (disponibles en ligne)

 

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