Édifice

La chapelle (en fait : église Ste Trinité) fur inaugurée en 1931. De style contemporain, elle ne comporte pas de division nef / choeur puisqu'elle n'est pas destinées aux "fidèles". Voûtes bombées sur arcs plein cintre en béton. Selon l'ouvrage cité en référence :

[...] Un cinquième arc dessine le fond du chœur, puis, immédiatement accolé, un sixième, plus petit, encadrant une toile marouflée : le Mystère de la Grâce. Nous reviendrons plus tard sur cette composition décorative à laquelle répondent, à l'autre extrémité, les grandes orgues, dont les tuyaux de cuivre, d'étain, d'argent ou de bois, sont disposés sous une immense arcade, comme des flûtes de pan.

Et l'auteur ajoute cette note de bas de page :

Signalons aussi la présentation moderne des orgues de Notre-Dame de Lourdes à La Madeleine et de Sainte-Thérèse de l'Enfant-Jésus à Wattrelos.

Un historique plus complet est disponible sur le site du grand séminaire de Lille.

La décoration est homogène et assez remarqualble (style "Arts Déco", en bref). L'état général semble très bon.

La chapelle servit un temps aux répétitions de l'Orchestre National de Lille (ONL). A cet effet, elle fut pourvue d'un faux plafond suspendu et d'un plancher surélevé.

Historique

Ce qui suit est la reproduction d'une notice (non publiée) de M. Etienne Delahaye, chargé de l'inventaire historique des orgues du Nord. Reproduction avec l'aimable autorisation de l'auteur.

Il s'agit d'un orgue émanant d'un salon parisien. L'instrument fut acquis en 1935 par l'Association diocésaine pour être installé dans la chapelle du grand séminaire de Lille. Les travaux furent confiés à Victor Gonzalez (soumissionné le 7 juin 1935), et inaugurés, sous la présidence du Cardinal Liénart, par Léon Lecocq, organiste de la cathédrale de la Treille, le 8 décembre suivant. On procédait le même jour à l'inauguration des vitraux. La barre d'adresse "A. Cavaillé-Coll à Paris" ne doit pas nous induire en erreur. L'instrument (construit vers 1902) est de Charles Mutin, successeur d'Aristide Cavaillé-Coll, qui au début de sa reprise d'activité (1898) apposa sur ses consoles le prestigieux cartouche de son prédécesseur (comme c'est le cas à Notre-Dame de Lourdes à Roubaix). Du reste, les quelques "3 claviers" de salon dûs à Aristide Cavaillé-Coll sont parfaitement localisés ! On peut dire que Charles Mutin a véritablement développé le "département" des orgues de salon. Son catalogue de 1923 fait état de plus de 80 instruments de ce type établis par lui à Paris uniquement.

A l'origine l'instrument était pourvu d'un buffet de style Louis XV. Celui-ci fut abandonné lors du remontage de l'instrument au profit d'une "façade de tuyaux polychromes d'une ligne simple et majestueuse qui s'adapte parfaitement au style moderne de la chapelle" (Le Grand Hebdomadaire illustré, 15 décembre 1935). L'instrument (28 jeux réels) fut évidemment réharmonisé "pour satisfaire à la fois aux nouvelles conditions acoustiques et au rôle liturgique qu'il est maintenant appelé à jouer" (programme inaugural du 8 décembre 1935). Le 15 février 1938, Georges Perment, organiste de Saint-Martin à Roubaix, était appelé à y donner une audition d'orgue à l'intention des 120 séminaristes du moment, "le supérieur du grand séminaire ayant pris l'initiative d'organiser tous les trimestres un récital destiné à faire connaître aux futurs prêtres les plus belles pages de la musique d'orgue" (L'Orgue, n° 34, juin 1938).

En 1954, un relevage de l'instrument est confié à la Maison Pascal, de Lille, qui apporte les modifications suivantes :

  • Nouvel habillage de la console et fermeture par volet roulant.
  • Correction de l'alimentation du sommier de grand-orgue en supprimant les portevents latéraux et en les remplaçant par un gosier neuf prenant directement sur le réservoir.
  • Remplacement des rouleaux d'abrégés en aluminium de la pédale par des abrégés en acier.
  • Remplacement de toutes les équerres.
  • Remplacement et complément des râteliers pour soutenir les grands tuyaux.
  • Amélioration de l'accès à l'intérieur de l'instrument.

Fabrication de 3 sommiers mécaniques neufs en chêne et acajou pour remplacer les sommiers pneumatiques d'origine.Pédale complétée, ajout d'une flûte 4 d'occasion et d'une fourniture neuve de 4 rangs. (Ces derniers renseignements ont été trouvés dans les archives de la Commission interdiocésaine des orgues lors de mon travail d'inventaire dans les années 1990).

L'orgue de la chapelle du grand séminaire paraît avoir pris une part active à la vie musicale lilloise jusqu'à l'orée des années 1980 : Roger Bergerat, successeur de Léon Lecocq à La Treille, s'y fait entendre en récital dans les années 1950-1960, tandis que Jeanne Joulain y programme certains concerts et autres animations dans les années 1970 (Orgue Vivant).

Description

Orgue en un seul corps avec console retournée, à trois claviers de 56 notes et pédalier de 30 notes. Traction et tirages de jeux mécaniques, machine Barker au Grand Orgue. La disposition des sommiers est la suivante :

Sommier chromatique du Grand Orgue au centre, les dessus vers la nef ; boîte du récit à gauche du Grand Orgue (en regardant vers celui-ci) et boîte du positif à droite, tous deux sur sommiers chromatiques pareillement disposés. Tuyaux de pédale sur sommiers diatoniques, sur les côtés.

La soufflerie, autrefois située dans une chambre séparée, a été installée sur la tribune.

Buffet

Orgue "sans buffet" hormis le soubassement.

Composition

Orgue Mutin-Cavaillé-Coll du Grand Séminaire de Lille. Composition actuelle
I - Grand Orgue II - Positif expressif III - Récit expressif Pédale
Bourdon 16  Cor de nuit 8  Diapason 8  Contrebasse 16
Montre 8 Flûte 8  Flûte traversière 8  Soubasse 16
Flûte harmonique Salicional 8  Viole de gambe 8  Quinte 10 2/3
Bourdon 8 Gambe 4  Voix céleste  Flûte 8
Prestant 4 Flautino 2  Flûte octaviante 4  Bourdon 8
Flûte douce 4 Nasard 2 2/3  Fourniture III  Flûte 4
  Basson-Hautbois 8  Basson 16  Fourniture IV
    Trompette 8  

Tirasses I, II, III ; accouplements II/I, III/I, III/I (16), III/II

Composition des mixtures :

Fourniture du récit : Ut1 : 1, 2/3, 1/2 avec reprises d'octave en fa2 et fa3 (cette composition résulterait de retouches)

Fourniture de pédale : ut1 : 4, 2 2/3, 2, 1 1/3, avec reprise d'octave au fa2

Etat

Bon.

Illustrations

Sources

Les églises de la Flandre française, Ernest Lotthe, éd. SILIC, 1942

Notice d'Etienne Delahaye