Édifice

La chapelle néogothique, construite en 1887, fait partie d'un ancien couvent de Franciscaines, servant actuellement de résidence estudiantine. Elle est située au 26, rue d'Angleterre, dans le Vieux Lille (entre la cathédrale et Ste Catherine).

Elle est parfois appelée "chapelle ND de la Treille" ou "chapelle des soeurs de ND de la Treille", en raison de la statue située au fond de l'abside, dans une niche avec éclairage zénital.

La décoration polychrome, parfaitement conservée, semble d'origine. L'épaisse odeur d'encens lui donne un air pré-conciliaire comme on n'en rencontre plus beaucoup.

Les murs sont richement ornés, thématique mariale : dans (et aux abords de) l'abside, citations des litanies laurétanes ; dans la nef, références à de nombreuses églises (surtout du diocèse de Lille ou de Cambrai) vouées à N.D. Les vitraux sont généralement dépourvus de motifs figuratifs, sauf dans les petites rosaces supérieures, dédiées à divers saints (inventaire à venir). Les initiales des généreux donateurs figurent sans doute en partie basse.

Pour plus de renseignements, voir cette page wikipédique.

Historique

Le 7 Novembre 1893, les Delmotte signent le contrat de construction d'un nouvel orgue à placer dans la chapelle. La composition est celle relevée en 2011 (cf. ci-dessous), moins la voix humaine.

L'instrument coûta, sans buffet, la somme de 10 000 Francs. Il fut inauguré le 30 Novembre 1894. Dans une correspondance relative à un projet d'orgue à Boulogne-sur-mer, on apprend que les Delmotte avaient procédé (à une date inconnue) à l'installation d'un moteur à gaz pour actionner la soufflerie. Le 4 Mai 1903, les soeurs demandent à Maurice Delmotte de bien vouloir héberger leur orgue en Belgique "si la Loi qui sévit avec tant de vigueur contre les congrégations religieuses venait à les frapper". L'orgue n'a cependant pas été déplacé, puisqu'il est entretenu sans interruption de 1894 à 1914, pour 60 F par an ; en outre, Théophile Delmotte procède, en Mai 1900, à un "nettoyage général et brossage des bouches", et place sur une chape libre la Voix humaine qui manquait à l'orgue, pour 650 F.

Suppression de la boîte expressive et remplacement de la trompette par une doublette : intervention non encore identifiée.

A la fin des années 1990, un étudiant du CNR de Lille qui demeurait dans la résidence, avec quelques collègues du CNR, a remis l'orgue en fonction : sommier remis en fonction après démontage et rapatriement dans un atelier à Charleville Mézière. Modification de l'alimentation en vent, changement de postages en plomb hors d'usage par du tube plastique.

En 2007, passage de Delmotte, mise hors service des appels d'anches (par double registre), car les tuyaux de 2' tombaient à travers les morceaux de peaux qui couvraient la largeur des pieds de trompette, et empêchaient l'ouverture correcte du double registre. Idem pour celui du récit, dont la commande avait été bricolée avec un ressort de rappel qui ne fonctionnait plus correctement. Reprise générale de l'accord, première tentative de faire refonctionner le hautbois du récit.

La remise en état du pédalier (attaque de vers, feutres usés, ...) a récemment eu lieu (2011) ; le remontage de la boîte expressive suivra.

Description

Orgue de tribune à deux claviers de 56 notes et pédalier de 30 notes, en un corps, console séparée. Traction et registration mécaniques.

Composition

 

Lille, Chapelle des Franciscaines - composition relevée en 2011
I - Grand orgue II - Récit expressif Pédale (empruntée au G.O.)
Bourdon 16 Flûte traversière 8 Soubasse 16
Montre 8 Gambe 8 Basse 8
Bourdon 8 Voix céleste 8 Violoncelle 8
Flûte harmonique 8 Flûte 4 Flûte ouverte 8
Salicional 8 Octavin harmonique 2  
Prestant 4 Basson-Hautbois 8  
Trompette 8 (*) Voix humaine 8  

(*) à la console ; une doublette 2 parle à sa place.

Tirasses GO, R ; accouplement R/GO ; Expression récit ; Anches GO, anches R, Tremolo

La boîte expressive et son mécanisme ont été déposés.

État

Il est actuellement (2011) en état moyen : du petit entretien est nécessaire (vergettes cassées, feutres usés, quelques attaques de ver à bois...). La boîte expressive a été déposée à une date inconnue, mais ce bricolage semble réversible. L'accord général est à refaire.

Titulaires

En 2011 : Orgue régulièrement joué (une semaine sur deux) par Vincent Tinencourt.

Photos

Sources

Visite (trop brève, à reprogrammer), conversation avec l'organiste (même chose).

Mémoire de fin d'études de Roland Servais "Les facteurs d'orgues Delmotte. Cent ans d'activités en Tournaisis révélées par leurs archives (1821-1920)" en deux volumes, Louvain-la-neuve, Mai 1986.

Informations sur l'histoire récente communiquées par Nicolas Pichon.