Historique

Orgue Joseph Merklin (cf. inscription sur la console : J. Merklin & Cie / Paris), mais sa paternité est contestée. D'après la base de données Palissy du ministère de la culture :

Un petit orgue d’accompagnement a également été acheté en 1875 pour 6 500 F (Archives diocésaines, registre de la paroisse p. 10), provenant de la paroisse Saint-Jacques à Douai ; il est déplacé au sein de l' église en 1889 (p. 13).

En effet, on lit sur le site de l'Association Douaisienne des Amis de l'Orgue :

l’Église Saint-Jacques se voit attribuer un modeste Orgue de Chœur des Établissements Pierre SCHYVEN de Bruxelles, en 1874.

Cette attribution est plausible, dans la mesure où Pierre Schyven, ancien chef d'Atelier de la branche bruxelloise de la manufacture Merklin, s'était établi en 1873 ou 1875, et que les tirants de jeux notamment évoquent clairement d'autres productions de cet Atelier. Toutefois, la paroisse St Jacques de Douai n'a obtenu son grand orgue qu'en 1880, et il est douteux que l'orgue de chœur de 1874 ait pu être cédé si tôt. Il est donc possible qu'un autre instrument ait été en jeu.

La liste des travaux de Schyven mentionne d'ailleurs St Michel à Lille, sans autre précision, mais probablement sans lien avec l'orgue de tribune.

Le 23 octobre 1886, les frères Delmotte envoient un devis pour déplacer l'orgue de chœur à la tribune. Le 11 juin 1903, Théophile Delmotte et Fils présentent un devis "d'un orgue à 1 clavier à placer derrière le maître-autel de l'église". Cet instrument comportait 9 jeux et était proposé pour 5 850 Fr.

On apprend encore dans un brouillon de lettre (non daté mais vraisemblablement après février 1909) que le même facteur a fait parvenir au doyen de St Michel un autre devis détaillé "pour les transformations projetées pour l'orgue de chœur de St Michel".

On ne trouve nulle trace de travaux à l'orgue de chœur de St Michel dans les livres de comptes des Delmotte : ces projets n'ont donc probablement pas été mis à exécution.

Description

Orgue en un seul corps, installé au sol dans une grande boîte expressive posée sur un soubassement. Console en fenêtre, deux claviers de 56 notes et pédalier de 27 notes. La soufflerie est installée dans un caisson à droite de la console, mais la pompe à main d'origine subsiste : un levier (ressemblant à un levier d'aiguillage manœuvré à la main) est situé du côté opposé du transept ; il est relié à la pompe par une tringlerie passant dans un caniveau.

Sur le plan sonore, cet instrument rappelle effectivement la production de Schyven, mais les principaux du clavier de Grand Orgue (montre, prestant, fourniture) ainsi que la trompette sonnent presque "classique" et semblent avoir été réharmonisés. La fourniture a, de plus, été recomposée sur un modèle proche des Silbermann de Saxe...

Buffet

La boîte expressive est polychrome.

Composition

Composition de l'orgue de chœur - Lille, St Michel (relevé: 3/2013)
I - Grand Orgue II - Récit Pédale
Bourdon 16 Bourdon 8 Soubasse 16
Montre 8 Salicional 8 Octave basse 8          
Flûte 8 Voix céleste 8           
Prestant 4 Flûte 4  
Fourmiture [sic] 2          Doublette 2  
Trompette 8    

Tirasses GO, R ; Introduction trompette (ne fonctionne pas), pas d'accouplement. La mécanique du récit est très vive, contrairement à celle du grand orgue qui est relativement lourde.

Trémolo. Expression pour l'ensemble de la tuyauterie.

Les jeux de pédale sont sans doute empruntés (à vérifier). La fourniture, assez forte et aiguë, a probablement été remaniée (par Cogez ?). En voici la composition :

Ut 1 Ut 2 Ut 3 Ut 4
1 1/3 2 2 2/3 4
1 1 1/3 2 2 2/3
2/3 1 1 1/3 2

État

Assez bon en 2013. L'orgue fonctionne convenablement, malgré une mécanique du GO plutôt lourde et un cornement à la pédale. L'accord est convenable, ce qui laisse supposer qu'il n'y a pas trop de fuites.