Edifice

(réservé)

Historique : ancien orgue

Un premier orgue aurait été commandé au facteur Merklin, et expertisé par M. Maracci, industriel lillois et organiste amateur (communication de MM. Delahaye et Voëffray).
Selon R. Servais :

En 1888, les frères Delmotte proposent de nettoyer l'orgue. De 1888 à 1914, ils l'entretiennent (125 Fr l'an). En dehors de ces accords, il y est effectué des réparations : en avril 1899 (60 Fr), en mai 1899 (25 Fr), en octobre 1899 (25 Fr), en février 1890 (30 Fr). En mai 1893, Édouard et Théophile Delmotte procèdent à un relevage.

NB il semble qu'il faille lire "1889" plutôt que "1899", ci-dessus.
 
Destruction par faits de guerre en 1940. L'orgue aurait été "littéralement pulvérisé, et dans sa totalité", selon J. Cau.

Voir Lille, St Pierre & St Paul : orgue Merklin

Avant 1950, le Doyen de St Pierre St Paul se fait livrer un petit orgue de la maison Grammet, et fait intervenir en 1950 le facteur Loridan (Roubaix) pour sa remise en état. En effet, cet orgue était resté exposé aux intempéries pendant que les travaux de remise en état de l'église se poursuivaient. Le même Loridan aurait ensuite procédé au démontage de ce petit orgue.

Historique : orgue actuel

Projets Jean Cau & Pierre Avot

Dans un courrier de 1952, Jean Cau propose à Jean Lapresté d'établir un cahier des charges pour l'association diocésaine, et exprime ses propres desiderata : il s'agirait d'un orgue "du même genre que celui de Steenvorde, mais peut-être plus puissant".

Voir Lille, St Pierre & St Paul : projet Jean Cau, 1952

Simultanément, Pierre Avot propose une composition très proche, et plus proche encore de la réalisation qui allait suivre, la principale étant le positif : expressif dans le projet de Pierre Avot, dorsal dans la réalisation de Müller.

Voir Lille, St Pierre & St Paul : projet Pierre Avot, 1952

Orgue Erwin Müller

Il s'agit d'une construction neuve d'Erwin Müller, remplaçant l'orgue détruit en 1940. Le financement en a été assuré par les fonds des dommages de guerre. L'inauguration eut lieu le 1° mars 1959, avec Gaston Litaize aux claviers.

La page : Lille, St Pierre & St Paul - marché Müller fournit de précieuses indications sur les techniques employées.

Les époux Duruflé y ont donné un récital le 12 mai 1965.

Description

Orgue en deux corps (avec un positif de dos), avec console en fenêtre. Trois claviers de 61 notes et pédalier de 32 notes. Traction mécanique avec machine Barker au G.O., registration électropneumatique. Tempérament égal ; accord non relevé.

La tuyauterie est assez conforme aux usages des années 50 : large emploi du cuivre et du spotted (alliage d'étain et de plomb à parts égales), qui n'est d'ailleurs pas, faut-il le rappeler, synonyme de mauvaise qualité. En revanche, la finition est parfois quelconque : les soudures des pavillons en cuivre, cachées de la vue des auditeurs, sont hideuses.

L'harmonie de l'ensemble est homogène, et conforme aux standards néo-classiques : principaux assez fermes avec une attaque nette, avec une montre 16 d'assez grosse taille (sans doute pour pallier à l'absence de bourdon 16 au grand orgue), mais les autres principaux sont beaucoup plus équilibrés et très versatiles. L'ajout des bourdons dans le plenum est sans incidence particulière. Excellentes anches, ni trop grasses ni trop maigres, bien équilibrées sur toute la tessiture, ce qui est cohérent avec l'absence de cornet. Le cromorne (en spotted lui aussi) est un vrai cromorne qui "cruche", très différent en cela du "cromorne - grande clarinette" de N.D. de la Treille (qui soit dit en passant, est sans doute le meilleur jeu de cet orgue). Les mixtures sont également raisonnables, hormis peut-être la cymbale du positif aux reprises assez aiguës. Le plenum du récit ne "fait pas le poids" au regard des deux autres plenums, et c'est tant mieux : il est inutile dans le répertoire classique, et bien plus utile comme cela dans le répertoire du XX° siècle (Tournemire, Messiaen...).

La mécanique est relativement agréable à jouer, sauf la pédale (ressorts assez tendus et enfoncement important, d'où une impression de dureté et une tendance à parler tard). La boîte expressive est commandée par un câble (genre frein de vélo, mais de plus gros diamètre), et la bascule qui la commande n'est pas axée convenablement : de fermée à mi-ouverte, tout va bien, mais au-delà il faut être sumotori pour la manœuvrer.

Bref, un orgue qui marche, immédiatement utilisable dans un répertoire assez large, et à préserver. Son répertoire de prédilection est certainement celui du XX° (Messiaen, Litaize...). G. Litaize était d'un autre avis, puisque son disque était intégralement consacré à des compositeurs classiques (voir plus bas), ainsi que son récital du 21 avril 1980 (cf. photo - à insérer).

Buffet

Pas de buffet.

Composition

 

Orgue Müller de St Pierre & St Paul, Lille - composition relevée en 2012
I - Grand Orgue II - Positif de dos III - Récit expressif Pédale
Montre 16 Principal 8 Bourdon 16 Flûte 16
Montre 8 Bourdon 8 Dulciane 8 Soubasse 16
Flûte 8 Prestant 4 Cor de nuit 8 Flûte 8
Bourdon 8 Flûte 4 Flûte conique 8 Bourdon 8
Prestant 4 Nasard 2 2/3 Voix céleste 8 Flûte 4
Flûe à cheminée 4 Doublette 2 Principal 4 Bombarde 16
Doublette 2 Tierce 1 3/5 Nasard 2 2/3 Trompette 8
Plein jeu IV Larigot 1 1/3 Quarte de nasard 2 Clairon 4
Trompette 8 Cymbale II Tierce 1 3/5  
Clairon 4 Cromorne 8 Fourniture IV  
    Bombarde 16  
    Trompette 8  
    Clairon 4  
    Hautbois 8  

 Tirasses GO, POS, REC - Anches PED, GO, REC - POS/GO, REC/GO, REC/POS

Composition des mixtures :

  Ui 1 Sol# 1 Si 1 Mi 2 Sol# 2 Si 2 Mi 3 Fa#3 Sol# 3 Si 4 Mi 5
Plein Jeu IV 1 1/3     2     2 2/3       4
  1     1 1/3     2       2 2/3
  2/3     1     1 1/3       2
  1/2     2/3     1       1 1/3
Cymbale II 2/3 1     1 1/3       2    
  1/2 2/3     1       1 1/3    
Fourniture IV     1   1 1/3     2   2 2/3   4  
  2/3   1     1 1/3   2   2 2/3  
  1/2   2/3     1   1 1/3   2  
  1/3   1/2     2/3   1   1 1/3  

État

L'état général de l'instrument est bon ; les sommiers ne présentent pas de défauts. En revanche, la machine Barker est déréglée et "tire" mal (R/GO quasiment inopérant). La tuyauterie est assez empoussiérée, du fait du chauffage à air pulsé et de l'absence de buffet. L'entretien est assuré par Antoine Pascal, facteur localement assez connu.

Organistes

Jules Deplantay, ... 1873 ...

André François, 1963 ou 1965-...?

Marguerite Spillaert, également élève de Jeanne Joulain, dates inconnues

... ?

Pierre-Richard Deshays, 1998 - 2009. Également compositeur et improvisateur ; a enregistré deux CD sur diverses orgues de Douai, trop peu diffusés.

Laurent Faivre, 2010 - vers 2012

Suzanne Verstraete, vers 2012

Antoine Blondeau, vers 2012 -

 

Illustrations