Édifice

L'église a été construite suivant les vœux, et avec le financement de, François Masurel en 1894-1895. Elle est située dans un quartier industriel, lieudit "les Francs" que l'on retrouve parfois dans la correspondance.

Historique

Orgue construit par Théodore Puget, père & fils, en 1901. Il a été financé par Albert Masurel, à l'occasion du mariage de sa fille.

Bénédiction de l'orgue le mardi 1° octobre 1901, avec allocution par le Vicaire Général Carlier. Les organistes étaient Jules Heinrich (titulaire), M. Camus (organiste de N.D. de Tourcoing), et M. Meyer (organiste du grand orgue de St Martin de Roubaix).

En 1944, l'église et l'orgue souffrent d'une bombe tombée sur le café d'en face, qui souffle les vitraux. Vers 1948-1949, visite par Jean Cau qui note : "Instrument [...] d'une sonorité très moyenne, placé beaucoup trop haut. Facture assez sérieuse. Les jeux d'anches ont assez souffert, beaucoup des Trompettes sont tordues par les explosions, l'orgue est très poussiéreux et plein de débris de verre. Relevage nécessaire. Des modifications seraient à apporter au régulateur qui fonctionne mal et est d'un modèle défectueux. Un projet de façade décorative serait à établir".

Un devis de relevage, établi le 25 janvier 1949, prévoit 52 000 Fr HT de travaux par Jean Pascal (dépoussiérage, petites réparations, réglages, réharmonisation, accord, et réparation du régulateur et de sa commande) pour 20 jours d'intervention.

Relevage par Delmotte en 1995.

Description

Orgue de tribune en un seul corps, dans une boîte expressive unique, avec console séparée tournée vers la nef. Deux claviers et pédalier. Traction et registration pneumatique tubulaire (avec double registration), système Weigle. Les membranes sont accessibles par la partie inférieure du sommier, ce qui facilite les dépannages, pour peu que le réservoir d'air n'y mette pas obstacle.

Tuyauterie en zinc et en spotted.

La sonorité "très moyenne" évoquée par Jean Cau doit peut-être ce qualificatif aux pressions élevées employées par Puget. La sonorité est, en effet, plus séduisante dans la nef à laquelle elle est destinée, qu'à la console, où l'organiste est exposé à la pleine puissance de l'orgue. Par ailleurs, l'harmonisation est assez orchestrale, avec par exemple une viole de gambe étroite et timbrée presque comme une anche dans les dessus, ce qui n'était sûrement pas du goût de Jean Cau (tenant du néo-classicisme, et avocat de Gonzalez).

Buffet

Soubassement en bois peint en blanc, et surmonté de la boîte expressive largement apparente, malgré les tuyaux placés devant en "V".

Composition

Mouvaux, St François - Puget 1901 (composition relevée en 2017)
 I - Grand Orgue expr.  
 II - Récit expressif       Pédale empruntée 
Bourdon 16 *  Flûte harmonique 8       Soubasse 16   [du GO] 
 Principal 8 *  Viole de gambe 8  Basse 8      [Pr. 8 du GO]      
 Bourdon 8  Voix céleste 8  
 Salicional 8  Flûte octaviante 4  
 Prestant 4 *  Hautbois Basson 8  
 Fourniture III-V  Voix humaine 8  
 Trompette 8    

Claviers de 56 notes et pédalier de 30 notes. Expression à bascule agissant sur toute la tuyauterie, sauf les jeux marqués * qui sont hors boîte. Crescendo à bascule, dont l'effet est visible sur les touches de commande des registres.

Tirasses I, II ; accouplement II/I ; appel anches (sauf voix humaine, ce qui serait un cas unique chez Puget). Octave aiguë I, octave grave II (habituel chez Puget).

Une combinaison libre (double registration) appelée par pédale nommée "jeux préparés", et quatre fixes appelées par des boutons situés sous le 1° clavier. Crescendo ; tremblant II (à vérifier, car agissant habituellement sur tout l'orgue chez Puget).

A la place du bourdon 8, déjà mentionné par Jean Cau vers 1950, le livre des compositions de la manufacture Puget indique "flûte harmonique". Ledit bourdon parle mal (émission instable), défaut attribué par Delmotte à des bouches trop basses, ce qui laisse supposer que ce jeu aurait été destiné à un instrument utilisant des pressions plus faibles. La porcelaine du jeu est toutefois d'origine (cf. photo).

L a désignation "Hautbois Basson", typique de Puget, est celle qui figure sur la porcelaine.

La fourniture était III-V rangs dès l'origine, selon le livre des compositions, bien que J. Cau mentionne "3 rangs". Là aussi, la porcelaine, qui semble d'origine, indique 3/5 [rangs].

Composition de la fourniture (relevée en 2017) :

     Ut 1  
   Ut 3  
   Ut 4  
      8
    4 5 1/3
  2 2 2/3 4
  1 1/3 2 2 2/3
  1 1 1/3 2

Organistes

1901... Jules Heinrich

... 1998 ... Nadine Ferron

2011 ... Jean-Pierre François

État

Bon en 2017. Bien que l'instrument soit "placé très haut" dans une église dont la nef est plutôt courte et haute, et bien qu'il soit presque entièrement en boîte, la sonorité en est très puissante (du fait, sans doute, de pressions élevées) et bien adaptée au lieu. En particulier, la traction pneumatique remise en état par Delmotte en 1995 fonctionne de manière très satisfaisante.

Illustrations

Console ; on remarquera la double registration :

Tuyauterie (partie contenue en boîte expressive) :

Soubassement :

Sources

Archives Puget, consultées par Jean-Claude Guidarini.

Fonds Jean Cau des Archives Départementales du Nord

Page web de l'inventaire des orgues du Nord (un temps publiée par Domaine Musiques)

Le patrimoine des communes du Nord, tome II, éd. Flohic

Informations sur le site de la paroisse

Visite, août 2017